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aît-on intelligent ou le devient-on ? Disposons-nous des capacités nécessaires pour progresser ? Depuis l'Antiquité, ce débat byzantin oppose philosophes et scientifiques, qui s'interrogent sur la part de l'inné et de l'acquis dans l'intelligence, non sans arrière-pensées …
Quel que soit le temps qu'il passe à réviser ses cours, untel n'y peut rien, ça ne rentre pas. Pas de problème en revanche pour l’autre qui n'ouvre jamais un manuel et s'en tire toujours bien aux examens.
Normal rétorquent les partisans de la position innéiste. Pour eux l'intelligence est principalement d'origine génétique, à 80 % estime précisément Arthur Jensen, professeur de psychologie à l'Université de Californie. Les individus disposeraient donc à la naissance d'un certain capital. Sans cet héritage, qui leur offre les prédispositions nécessaires, toute tentative d'apprentissage est vaine et vouée à l'échec.
La prédominance de l'inné : une théorie d'un autre siècle…
La théorie de l'origine innée de l'intelligence a fait florès au XIXème siècle, portée par deux événements majeurs : le nouvel essor de l'expansion coloniale et le développement des sciences. Face à la découverte de nouveaux peuples et de leurs façons de vivre, parfois si différentes et si déroutantes pour les moeurs européennes, des travaux scientifiques cherchent à démontrer la supériorité intellectuelle des Occidentaux. Le mouvement exerce aussi son influence en France. Emile Zola s'inspire ainsi dans ses romans des travaux sur l'hérédité en cours à l'époque. La série des Rougon-Macquart présente l'étude de l'impact de la névrose et de l'alcoolisme sur les cinq générations d'une famille.
Les partisans de l’acquis : L'enfance, une période d'apprentissage clef…
Les tenants de l'importance de l'acquis sur le développement de l'intelligence estiment au contraire que tout ne se joue pas avant 6 ans. C'est ce qu'ont prouvé Michel Duyme et Marie-Annick Dumaret dans leur enquête publiée en 1999, après avoir observé des enfants adoptés tardivement par des parents d'une classe sociale plus élevée. "Même si la prime enfance reste une période d'apprentissage clef, le QI peut évoluer positivement dans un environnement socio-économique plus favorable, jusqu'à l'adolescence" expliquent-ils. Le milieu dans lequel nous vivons revêt une grande importance, car il offre un soutien. C'est la famille qui transmet le goût et la volonté d'apprendre et de savoir.
Interrogé par une classe sur la meilleure méthode pour devenir intelligent, le généticien français Albert Jacquard répondit : "Il est très facile de ne pas devenir intelligent en s'assoupissant dans la passivité des réponses apprises, en renonçant à l'effort de formuler ses propres questions
Quoi qu’il en soit, avec un acquis de deux milles ans, l’homme a considérablement évolué scientifiquement, sociologiquement, mentalement, mais son comportement demeure primaire si l’on se réfère aux guerres et atrocités dont nous sommes encore témoins aujourd’hui.