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A Pékin, les tireurs viseront des pigeons d’argile français. Sport olympique depuis 1900, le ball-trap est une compétition mixte consistant à tirer avec un fusil de chasse sur des cibles volantes, les pigeons d’argile, à partir de postes fixes.
À Pékin, pas moins d’un million de « pigeons » seront expédiés à 120 km/h par les 102 lanceurs automatiques de la maison Laporte. Montant du contrat : un million d’euros.
C’est à l’ennui que sa PME familiale, la plus ancienne du secteur, doit son destin. Pour permettre à ses amis chasseurs de s’entraîner hors des périodes de fermeture, son grand-père, Émile, passionné de chasse, a mis au point en 1927 un lanceur en bois actionné manuellement grâce à un bras en métal et monté sur ressort.
La machine, qui ne pesait qu’un kilo et ne coûtait que 30 francs, fit un malheur et démocratisa le ball-trap en France. Entrepreneur en travaux publics, Émile Laporte fonda ensuite une société pour équiper les clubs de tirs en lanceurs et en pigeons en argile, fabriqués alors à la main.
À la tête de la société familiale depuis 1972, le petit-fils Jean-Michel, 60 ans, a, lui, créé un fusil qui réduit de 50 % le recul et atténue de 75 % la détonation sonore pour élargir aux jeunes et aux femmes la pratique du ball-trap.![]()
Forte de 2 500 clients, l’entreprise Laporte, sortie du rouge il y a peu, produit chaque année 220 millions de cibles et 3 000 machines pour un chiffre d’affaires de 14 millions d’euros.
En Chine, où il exporte 2 à 3 millions de pigeons chaque année, Jean-Michel Laporte compte ouvrir en 2012 une usine de fabrication de cibles, à Nanjin. « Grâce aux JO, nous espérons remplacer les 3 000 à 4 000 lanceurs qui composent le parc chinois », affirme le PDG.