L'otage franco-colombienne est décrite comme "hautaine", manipulatrice et "égoïste" dans un livre publié par trois Américains otages des farc.
Trois ex-otages américains des FARC ont publié le 26 février, aux Etats-Unis un livre dans lequel ils racontent leur cinq ans et demi de captivité aux mains des FARC, les longues marches dans la jungle, les journées enfermés dans des cages, la peur constante d'être tués, et, pour finir, leur libération par l'armée colombienne le 2 juillet dernier.
Ils écrivent : « Etre otage en même temps qu'Ingrid, c'était très difficile. » Pourquoi ? Parce qu'elle était « égoïste, arrogante, manipulatrice », qu'elle volait la nourriture de ses camarades d'infortune. Ou refusait de partager les informations qu'elle entendait à la radio qu'elle était la seule à avoir pu conserver. Pire, selon les trois Américains, elle les aurait même mis en danger en les accusant auprès de leurs geôliers d'être des agents de la CIA.
Ingrid Betancourt y est présentée comme une femme capable d'imposer sa volonté non seulement à ses compagnons d'infortune, mais aussi à ses geôliers. Le premier contact avec elle fut glacial, assurent les Américains. "Elle n'avait pas l'air très diplomate". Il cite Ingrid Betancourt disant à un guerillero: "Mettez les quelque part". "Elle ne demandait rien, elle donnait un ordre".
"Je l'ai regardée essayer de prendre le contrôle du camp avec une arrogance incontrôlable", a raconté mercredi Keith Stansell dans un entretien téléphonique à l'Associated Press. "Certains des gardiens nous traitaient mieux qu'elle ne le faisait".
Mme Betancourt n'a pas réagi à la publication du livre, malgré les nombreuses tentatives de l'AFP pour la contacter.
Ces attaques contre Ingrid Betancourt font écho à celles de Clara Rojas, son ex-collaboratrice, enlevée en même temps qu'elle mais libérée quelques mois plus tôt…
Par ailleurs, l'ancien émissaire de la France en Colombie chargé du dossier Ingrid Betancourt, Noël Saez, a indiqué aujourd'hui que l'ex-otage franco-colombienne avait été "ingrate" après sa libération envers lui et son homologue suisse Jean-Pierre Gontard. (Sces News Yahoo)
Noël Saez souligne qu'Ingrid Betancourt l'a totalement ignoré alors qu'il se trouvait dans l'avion qui la ramenait à Paris après sa libération. Il lui reproche également de ne pas lui avoir fait parvenir le moindre message de remerciement par la suite. "Il n'y a pas eu le moindre signal, une rencontre, un coup de téléphone, rien. Elle a été ingrate", lance-t-il. "J'ai risqué ma vie pour elle et elle a remercié les "grands" mais oublié certains : les plus petits, les plus exposés, ceux qui ont pris plus de risques", assène-t-il.