Je ne m'interdis rien, mais ne ne m'autorise pas tout... BLOG "INCLASSABLE".
Se soigner, lutter contre un corps brûlé sur 62% de sa surface, réinventer les gestes simples de la vie, la vie de Mama Galledou.
Une minerve enserre son cou, elle porte des vêtements compressifs, à changer quotidiennement, mais cela n'empêche pas des déséquilibres thermiques, ces sensations brutales de chaud ou de froid provoquées par le déficit de peau, laquelle assure un rôle protecteur.
Mama Galledou a déjà subi huit greffes. D'autres sont à venir. Et les médecins ne pronostiquent pas de stabilisation de son état avant la fin de 2008. Elle ne peut s'exposer au soleil, marche avec une extrême lenteur. S'asseoir, se lever, s''habiller, manger... tout est problématique, témoigne son avocat, Alain Molla. Sans compter les accidents de parcours. Récemment, elle a dû être de nouveau hospitalisée, pour quelques jours, à la suite d'une infection. Dans leur dernier rapport, en mai, les médecins évoquaient une douleur «exceptionnelle», au-delà du maximum d'une échelle qui comprend 7 degrés.
Il y a aussi la souffrance morale. Mama Galledou a confié aux psychologues son mal-être, le sentiment lancinant d'une vie brisée: On me regarde comme une bête curieuse. Je pleure n'importe quand, j'ai coupé les ponts avec mes amis. L'étudiante et la passionnée de sport à la vie sociale active se sont effacées. «Je n'ai pas fait ces études pour rien, et tout ça, c'est foutu», a-t-elle encore déploré. Honte à cette violence qui déshonore le genre humain et que rien ne peut excuser...