Ce phénomène, mondial, mobilise des chercheurs de toutes nationalités. Il pourrait avoir des conséquences très graves : la disparition des insectes pollinisateurs serait un désastre écologique menaçant l’agriculture et une grande partie de nos ressources alimentaires. Probablement multifactoriel, le dépérissement des colonies d’abeilles trouve une partie de ses causes dans les activités humaines et leurs influences sur les paysages, les ressources et les équilibres écologiques. Partout dans le monde, le taux de mortalité apicole atteint des records, de la fin de l’année 2006 à la fin de l’hiver 2007 : perte de 60 % des colonies aux USA et jusqu’à 90 % dans certains Etats de l’Est et du Sud ; 40 % des ruches se sont vidées au Québec, 25 % des colonies sont décimées en Allemagne, idem à Taiwan, en Suisse, au Portugal, en Grèce et dans de nombreux autres pays d’Europe. Pour la première fois, une estimation des pertes financières potentielles liées à la disparition des abeilles est réalisée : près de 15 milliards de dollars rien qu’aux Etats-Unis. Les médias alertent alors l’opinion publique.
En France, où les apiculteurs ont connu de lourdes pertes depuis 1995 (entre 300.000 et 400.000 abeilles chaque année) jusqu'à l'interdiction du pesticide incriminé, le Gaucho, sur les champs de maïs et de tournesol, l'épidémie a également repris de plus belle, avec des pertes allant de 15 % à 95 % selon les cheptels. ’abeille, ouvrière aussi pour l’homme. L'Institut français de recherche agronomique a lancé un cri d’alarme vendredi à propos des conséquences à long terme de la diminution du nombre de ces insectes pollinisateurs par excellence. Car des abeilles dépendent la production de nombreux fruits et légumes dont le prix pourrait venir à bondir si les insectes ne jouaient plus leur rôle naturel en allant butiner de fleurs en fleurs. Mesurée en poids, les experts de l’INRA estiment que 35% de la production mondiale de fruits, de légumes et d’oléagineux, et dans une moindre mesure, de café, de cacao, de fruits à coque et d’épices, dépend des pollinisateurs. Un chiffre moyen. L'Afrique de l'Ouest, l'Asie du Sud-Est et l'Amérique du Nord fournissent par exemple 36 % des noix consommées dans le monde, avec un taux de vulnérabilité de 44 %.
La population d’abeilles ne cesse de contineur à diminuer en Europe et aux Etats-Unis notamment et les raisons de ce phénomène font l’objet de controverses.